Tribulation sur la névrose

Je crois que je suis un peu névrosée. Enfin, chacun est plus ou moins sujet à la névrose. Parfois je me balade dans la rue, parfaitement bien, et la minute d’après, je déprime pour rien, je ne suis pas sûre de moi. Je me laisse distraire. Je me sens seule en fait. J’ai une personnalité quelque peu perturbée mais je continue de vivre, parce que j’aime ça, je suis une Sisyphe heureuse. Je me borne à demeurer dans une situation d’allégeance totale par rapport à la réalité et je réprime mon ça, mais il m’arrive parfois, lorsque je relâche ma vigilance, de servir mes émotions en me retirant partiellement du réel. Je dis que je suis un peu névrosée parce que je ne me retire pas consciemment de la réalité, je m’y soustrais par mégarde. Mais j’ai toujours été un peu comme ça

Je suis une contradiction, un peu. Et je le suis d’autant plus depuis que j’ai décidé de refouler mon « moi émotif ». Je me présente aux autres comme un roc, quand je suis moi-même consciente qu’il est friable si on y jette des cailloux. Le Réel ne garde de la réalité que son aspect le plus cru, le plus brut, le plus incontournable. Il est ce qui ce qui résiste, insiste, ce qui ne se laisse pas apprivoiser ; et je m’y soumets. Parce ce que c’est comme ça.

Je ne sais jamais vraiment comment me situer par rapport à mon désir parce que je ne sais pas forcément comment me positionner dans l’existence. La névrose comme condition humaine ? Si oui, badant. En tout cas, j’aimerais comprendre pourquoi je suis comme ça. Pourquoi est ce que je suis ? Pourquoi est ce que je désire ? Qu’est-ce donc qu’être une femme ?

J’ai appris à respecter l’illusion mais à ne pas m’y fourvoyer. Le fait même d’être demande une grande responsabilité, car il faut assumer ce que l’on est.

Publié dans : Tribulations |le 7 mars, 2014 |Pas de Commentaires »

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