Tribulation sur l’amour autofictif

C’est ironiquement étrange de voir que j’ai déjà tribulé sur l’amour en parlant de la lâcheté. Je pourrais ici  parler de l’amour tel que je me l’imagine. Le bel amour. Mais je n’en sais fichtre rien, en fait.

J’essaie d’aimer.

L’amour de moi pour commencer. Je n’ai  rien de particulier. Je suis une femme ordinaire, avec des pensées ordinaires. Du moins j’essaie de m’en convaincre pour vivre normalement. Pourtant je me demande presque tout le temps quelle forme pourrait avoir ma vie si je faisais un effort, si j’avais une idée. J’essaie des trucs, mais je m’ennuie rapidement. Pourtant je tiens trop à la vie pour y attenter, et je ne veux pas construire quelqu’un d’autre puisque je suis déjà. Je suis Je. Je ne veux pas être autre que ce je-là. Je refuse de me réfugier dans une pathologie pour fuir mes responsabilités. Certainement pas. L’autofiction est dangereuse car elle ne peut pas modifier le réel.

La vie et l’écriture se mêlent à ma quête identitaire. Je dois adapter mon Je à la réalité de mon existence et non retailler le réel à la guise. Mais je suis perdue. Et je me déteste comme ça. Passive. J’attends que quelque chose bouleverse ma vie alors que c’est à moi de la prendre en main. Pourquoi est-ce-que je me sens différente ? Pourquoi je suis, d’ailleurs ? C’est tellement incroyable.

Je suis à travers ce corps frêle de quarante-cinq kilos. Je devrais faire du sport, d’ailleurs, pour m’y sentir mieux ; et arrêter de fumer. Les autres me voient à travers ce corps-là. A travers cette représentation sensible de moi-même. Ils voient une jeune fille relativement froide et inaccessible au premier abord, puis, lorsqu’ils prennent la peine de s’en rapprocher davantage, quelqu’un de normal, quoiqu’un peu fêlé de temps à autre. Ordinaire. J’essaie de me conformer aux lois de la vie en société, mais parfois je n’y arrive pas. Et c’est même souvent le cas. Et il n’y a rien que je redoute le plus au monde que le face-à-face avec moi-même. Alors je me réfugie dans le rapport à l’autre pour ne pas être seule, quand je ne suis véritablement moi-même que dans la solitude.

Publié dans : Tribulations |le 7 mars, 2014 |Pas de Commentaires »

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